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Générateur d’un tourisme important et scène culturelle internationale de l’art contemporain pendant plusieurs décennies, le col de la Furka est un lieu de flux et de passage estival. Cependant, chaque année, dès la fin de l’automne, il tombe paradoxalement dans le silence. S’en suivent huit longs mois d’anonymat durant lesquels la nature dicte sa loi, engloutissant infrastructures et architecture. Figure et fond se confondent. Temps et espace flottent passivement. Maintenant, le calme est roi, l’agitation fantôme. Loin du tourisme et du pur divertissement, une nouvelle structure et la réhabilitation de la Dépendance Furkapasshöhe permettent à ce territoire alpin de (re)devenir un lieu de création artistique, loin des obsessions du marché de l’art contemporain. Le temps d’un cycle hivernal, visibilité et accessibilité sont mises à l’écart. Artistes, sculpteurs, peintres produisent, se succèdent, s’informent, s’enrichissent et cohabitent dans une « rudimentarité » propre au lieu. Enfin, au printemps, lors d’un grand événement festif, ce territoire alpin et sa production artistique hivernale sortent de leur mutisme grâce au travail héroïque des souffleuses à neige. Grâce à elles, la structure se dévoile, se transforme, accueille et fait danser ces géants des Alpes rendant ainsi les contradictions du lieu tangibles. L’architecture célèbre cet événement cyclique et pérennise, de manière contemporaine, l’héritage culturel du col de la Furka.