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Les formes urbaines résultent des différentes entreprises humaines sur le territoire. Elles peuvent être appréhendées selon différentes échelles. De l’agglomération au quartier, elles traduisent physiquement les besoins de la société, disons plutôt qu’elles sont les représentations de ses produits. Les villes sont les supports d’importants volumes d’échanges et l’étalement urbain est la résultante de facteurs socioéconomiques et techniques. Les quartiers sont des lieux de proximité et les résidences, des lieux d’intimité. Les formes urbaines nous reflètent en quelques sortes, elles nous alimentent au même titre que nous les nourrissons de nos comportements, de nos envies, de nos pratiques en leur sein. L’économie urbaine tente de comprendre les mécanismes sous-jacents au développement urbain, plus largement l’évolution des formes urbaines. Les logiques de localisation, qui finalement dessinent le territoire, sont d’ordre économique, politique et sociale. Pouvoirs publics, acteurs privés et collectivités aménagent le territoire ou du moins y participent, chacun apportant sa pierre à l’édifice. Il semble évident que vouloir concilier l’intégralité des volontés des acteurs relève du mirage tant les mécanismes qui façonnent le présent et le devenir urbain sont incertains, parfois même insaisissables, et tant la pluralité d’acteurs est importante. Au coeur de l’évolution des contours urbains, le mouvement permet la réalisation de ces échanges et de ces aspirations, il en est le moteur. Les progrès techniques liés au transport ont permis de dissocier temps et espace. Au gré des évolutions sociétales et technologiques, les échanges et pratiques de mobilité ont muté. Le gain de vitesse et la démocratisation de l’automobile ont supporté l’étalement urbain pour finalement l’alimenter. De nouvelles dynamiques d’échange voient également le jour. Aux mouvements radiaux (centripètes et centrifuges, entre centre et périphérie) et circulaires (intraurbains), s’ajoutent désormais des mouvements tangentiels (périphérie à périphérie notamment) complexifiant ainsi la lecture et la compréhension des déplacements à l’échelle d’une population. La notion de proximité est remplacée par la notion de connexité (Vincent Kaufmann ; 2011). En effet, la contrainte de la distance et les obstacles spatiaux peuvent être dorénavant surmontés grâce aux moyens techniques (Vincent Kaufmann, 2011). « [...] Le paradigme de la ville en réseau manifeste un certain oubli des lieux » (Guillaume Pouyanne, 2004). Cet oubli est notamment permis grâce au développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) et paradoxalement grâce au développement des infrastructures de transport qui, de par leur nature, conservent cependant une dimension évidente de spatialité, d’implantation. « Pour de nombreux acteurs, impliqués […] dans les problématiques de la ville et de son aménagement, il est devenu clair […] que la planification urbaine ne peut être déconnectée des politiques de