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Dans les archives d’architecture, la présence des femmes reste exceptionnelle. Cette rareté ne s’explique pas uniquement par les statistiques, qui révèlent la faible proportion d’étudiantes et de professionnelles au cours du XXe siècle. Elle résulte également des mécanismes de transmission et de conservation des fonds archivistiques : les ensembles retenus, puis décrits et finalement mis en valeur, traduisent parfois des choix contingents, mais surtout des biais persistants, renforcés aussi par les attentes et les pratiques de recherche, qui ont longtemps orienté la conservation vers les figures consacrées et les réseaux dominants, très majoritairement masculins. Dans ce paysage marqué par l’absence, aux Archives de la construction moderne de l’EPFL, deux parcours se distinguent comme des exceptions : ceux de Jeanne Bueche et d’Alice Biro. Leurs archives, conservées de manière autonome, sont attribuées directement à leur activité propre, sans être associées à un confrère ou à un partenaire. Bien que leurs carrières se distinguent par leurs contextes et leurs trajectoires, elles partagent une même origine, celle de la formation polytechnique, suivie à Zurich pour Bueche et à Lausanne pour Biro. Pour nombre de femmes de leur génération, ces institutions ont représenté une porte d’entrée décisive vers une profession encore largement fermée. Les fonds de Bueche et de Biro ne livrent pas toujours une image complète de leurs parcours : certaines étapes demeurent peu documentées, tandis que d’autres apparaissent de manière fragmentaire. Ils permettent néanmoins de suivre des itinéraires individuels portés par des choix et des engagements propres, qui mettent en lumière à la fois les possibilités et les limites de la reconnaissance féminine dans l’architecture suisse du XXe siècle. Ces documents invitent ainsi à réfléchir non seulement à la place des femmes dans les archives d’architecture et aux modalités de transmission de leur œuvre, mais aussi à la diversité des manières d’exercer ce métier en tant que femme. In architectural archives, the presence of women remains exceptional. This scarcity cannot be explained solely by statistics, which show the low proportion of female students and professionals throughout the 20th century. It also results from the mechanisms of transmission and preservation that shape archival holdings: the selected, described, and ultimately highlighted collections often reflect contingent choices, but above all enduring biases, further reinforced by research expectations and practices that have long favoured the preservation of renowned figures and predominantly male networks. Against this backdrop of absence, two careers stand out as exceptions at the Archives de la construction moderne, EPFL: those of Jeanne Bueche and Alice Biro. Their archives are preserved as independent entities, directly attributed to their own work rather than linked to that of a male colleague or partner. While their careers differ in context and traje