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Pierre Johanns, né le à Heinerscheid (Grand-Duché de Luxembourg) et décédé le à Arlon (Belgique), est un prêtre jésuite luxembourgeois, missionnaire en Inde et indianiste. Dixième d’une famille de dix-huit enfants Pierre Johanns entre au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1903. Il est ordonné prêtre en 1914, à la fin de ses études de théologie au théologat jésuite de Louvain. Déjà familier des langues classiques européennes il se spécialise en philosophie à l’université de Louvain et poursuit avec deux ans d'indologie à Oxford (Angleterre) où il étudie le Sanskrit et la philosophie de Shankara. En 1921 Johanns arrive en Inde où il commence son enseignement comme professeur aux Facultés Saint-Xavier de Calcutta, et au théologat jésuite de Kurseong, près de Darjeeling. Avec son confrère Georges Dandoy Il fonde en 1922 la première revue consacrée au dialogue entre l’Hindouisme et le Christianisme : ‘The Light of the East’. Il y contribue de très nombreux articles dans le sens de la nouvelle missiologie de Pierre Charles : approfondir l’Hindouisme et y découvrir ce qui sont peut-être des ‘pierres d’attente’ du Christ. Des problèmes de santé le contraignent à rentrer en Belgique en 1939. En Europe Johann contribue à une connaissance positive et sympathique de l’Hindouisme par ses conférences sur le Vedanta. Après la Seconde Guerre mondiale il dirige pendant huit ans un ‘juvénat indien’ qui prépare ses jeunes confrères destinés à œuvrer en Inde. Au programme, le sanskrit remplace le grec et latin et la culture indienne est substituée à la littérature européenne. Perdant progressivement ses facultés mentales Pierre Johanns se retire au noviciat jésuite d’Arlon où il meurt le . Examinant les écrits des grands penseurs Hindous de la non-dualité (Advaita), Shankara (788-820?), Ramanuja (1017-1137) et Vallabha (1479-1531), Johanns en fait une sorte de synthèse védantique cohérente qu'il confronte alors à la philosophie et théologie chrétienne, dans son expression thomiste.