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Le zouglou est un genre musical, populaire et urbain, né en Côte d'Ivoire au début des années 1990 et, qui dominera la variété ivoirienne pendant une dizaine d’années (1991-2002). Les textes du zouglou témoignent des réalités sociales vécues par la jeunesse ivoirienne et porte, parfois, sur un mode humoristique, des messages politiques, voire contestataires. Ils prônent un idéal de justice et de paix, donnent des conseils sur la vie, défendent l'importance de l’amour, de l’amitié, de la fraternité. Le zouglou est aussi présenté en wôyô – une musique utilisant des instruments traditionnels (tam-tams, bouteilles, etc.) accompagnés de chansons qui traitent de façon rythmique des récits du quotidien. Il est pratiqué en acoustique et le plus souvent en live. Il est aussi qualifié d'ambiance facile. Le zouglou est né au début des années 1990, sur les campus universitaires d'Abidjan – capitale économique de la Côte d'Ivoire –, au moment où le président Félix Houphouët-Boigny est contraint, après trente années de pouvoir sans partage, à une ouverture politique. Il règne à Abidjan une atmosphère de fin de règne qui se manifeste notamment par un bouillonnement incessant de la vie politique, rythmé par des grèves d’enseignants, d’étudiants et d’élèves réprimées avec brutalité, des manifestations de rue, etc. Quelques étudiants, logés à la cité universitaire de Yopougon, créent, à partir du wôyô (« bruit », en malinké), une musique acoustique appelée aussi « ambiance facile », un nouveau style musical : le zouglou. Celui-ci s'inspire du tohourou et de lalloukou, un rythme de réjouissances joué avec le tam-tam en pays bété, dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire. Ce rythme était habituellement pratiqué à l'occasion des manifestations sportives organisées entre villages pendant la période des vacances scolaires. L'introduction d'instruments de musique modernes et, surtout, l'usage de textes satiriques et contestataires – utilisant le nouchi, l’argot ivoirien, et décrivant le quotidien misérable de la vie estudiantine à Abidjan, les affres de la « conjoncture », la « mal-vie » et la violence – vont constituer les sources principales d’inspiration de ces chansons.