Posez n’importe quelle question sur les cours, conférences, exercices, recherches, actualités, etc. de l’EPFL ou essayez les exemples de questions ci-dessous.
AVERTISSEMENT : Le chatbot Graph n'est pas programmé pour fournir des réponses explicites ou catégoriques à vos questions. Il transforme plutôt vos questions en demandes API qui sont distribuées aux différents services informatiques officiellement administrés par l'EPFL. Son but est uniquement de collecter et de recommander des références pertinentes à des contenus que vous pouvez explorer pour vous aider à répondre à vos questions.
En philosophie, un simulacre désigne une apparence qui ne renvoie à aucune réalité sous-jacente, et prétend valoir pour cette réalité elle-même. C'est là, du moins, le sens grec de phantasma (φάντασμα) qui est traduit par simulacre, par opposition à l' (eikôn, εἰκών), traduit par copie : la copie renvoie toujours à une imitation du réel qui ne se dissimule pas (voir Le Sophiste de Platon). Dans Le Sophiste (235d) de Platon, le personnage de L'Étranger – qui dialogue avec Théétète – distingue deux types d'images (eidôlon, εἴδωλον, qui a donné idole via le latin) : l'eikôn (εἰκών), que l'on peut traduire par copie ou icône, et le phantasma (φάντασμα), que l'on peut traduire par simulacre ou par illusion. La différence entre les deux est que la copie respecte les proportions du modèle tandis que le simulacre ne les respecte pas. Le simulacre est ainsi une apparence trompeuse reposant sur une illusion d'optique. L'Étranger introduit cette distinction pour définir le sophiste comme un illusionniste, c'est-à-dire comme un producteur de simulacres. Platon opère ainsi une dévalorisation du simulacre relativement à la copie. Le simulacre et la copie ne sont cependant que deux espèces de l'image. Platon oppose l'ensemble des images aux Formes intelligibles (eidos et idea ἰδέα). La portée exacte de la distinction entre simulacre et copie est l'objet d'un désaccord entre les interprètes de Platon, Jean-Pierre Vernant soutient notamment que cette distinction ne remet pas en cause la thèse générale de la disqualification des images comme moyens de connaissance. Le concept de simulacre est ensuite repris, en un sens radicalement différent, dans la théorie matérialiste des épicuriens (notamment de Lucrèce et Épicure). En 1969, Gilles Deleuze, dans son article 'Platon et le simulacre' dans Logique du sens, met en évidence la stratégie de Platon dans Le Sophiste, stratégie qui vise à faire disparaître le simulacre au profit de la copie, afin de valoriser, en négatif, l'hypothèse des Idées (ou Formes) par le contraste avec l'image-copie, éloignée de deux degrés de la véritable réalité (tandis que le simulacre fait disparaître la distinction entre le modèle et la copie).