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Depuis le 1er janvier 2025, la loi 13488 permet, sous conditions, la prise en charge par l'État de Genève des abonnements unireso Jeunes (gratuité totale) et AVS/AI (rabais de 50 %). Cette mesure, une première en Suisse, a fait l'objet d’un suivi à plusieurs niveaux, avec un rapport de mise en œuvre1, un protocole de suivi des volumes d’abonnements unireso2, et une enquête d'impact confiée aux tpg sur mandat du DSM, avec la collaboration du Laboratoire de sociologie urbaine de l'EPFL et du Bureau Mobil'homme dont ce présent rapport est l’objet. Son ambition n'était pas seulement de mesurer combien de personnes profitent de l'offre, mais de comprendre si une mesure tarifaire permet de modifier les comportements de déplacements, et par quels mécanismes. Le dispositif retenu conduit à enquêter les mêmes personnes avant et après l'introduction de la mesure, puis à prolonger cette observation par des entretiens approfondis auprès des jeunes et des seniors afin de croiser analyses quantitatives avec la finesse du vécu. Le dispositif combine deux approches complémentaires. Une enquête web longitudinale a interrogé les mêmes répondants avant la mesure (décembre 2024) et un an après (décembre 2025) : 1 590 « panélistes » forment le cœur de l'analyse au sein d'un échantillon total de plus de 6 000 individus en 2025. Trente entretiens en face-à-face (jeunes de 18-24 ans et personnes de plus de 65 ans) sont venus éclairer les ressentis et mécanismes sous-jacents. Cette étude démontre notamment que rendre l'abonnement accessible n’est pas qu’un allègement financier, mais aussi un changement pour le quotidien des bénéficiaires qui se sont mis à utiliser les transports publics plus souvent qu’auparavant. Là où beaucoup d'études étrangères observaient des effets concentrés et limités, l'expérience genevoise montre une adoption plus généralisée, touchant aussi bien les jeunes que les seniors, les usagers déjà familiers que ceux qui n'utilisaient les transports publics qu'occasionnellement. Cet usage accru s'accompagne d'un recul de la fréquence d’usage de la voiture. Les automobilistes ne l'abandonnent pas mais ils y recourent moins systématiquement. La mesure agit donc moins comme une rupture que comme un rééquilibrage progressif entre les modes de déplacement. En revanche, une partie du surcroît d'usage des transports publics ne provient pas seulement de la voiture, mais aussi de la marche et du vélo. Autrement dit, la mesure capte aussi des déplacements qui se faisaient déjà sans émission ni coût. Cet effet vient nuancer le bénéfice environnemental attendu et rappelle qu'un report vers les transports publics n'est pas automatiquement un gain écologique : il peut aussi détourner d'une mobilité active bénéfique pour la santé. Cependant, les pratiques observées auprès des bénéficiaires ne révèlent pas d’anomalies de comportements mais plutôt d’un alignement sur les pratiques modales caractéristiques d’usagers habituels des transports publics. Les entretiens éc